L’Arlésienne

C’est celle que l’on attend toujours et qui n’arrive jamais. L’Arlésienne… Vous connaissez sûrement cette expression qui fait référence à une personne, un événement ou une chose que tout le monde connaît, dont tout le monde parle mais que l’on ne voit jamais. L’origine de cette image est tout à fait culturelle car elle est liée à la littérature du 19e siècle.

Alphonse Daudet est un écrivain originaire du Sud de la France, il naît à Nîmes en 1840 et meurt à Paris en 1897. Ses écrits lui apportent assez rapidement une certaine popularité. En 1866, débute la parution des Chroniques provençales dans un journal parisien. Ce sont ces nouvelles qui vont devenir Les lettres de mon moulin. Parmi elles, figure une histoire inspirée par le neveu de Mistral  , qui s’est suicidé : « L’Arlésienne ».

L’intrigue est vieille comme le monde : un jeune homme amoureux veut épouser sa belle, il apprend par un autre à quel point elle est volage, il ne peut le supporter et met fin à ses jours. Durant toute la nouvelle, on parle sans cesse de la jeune femme sans jamais la voir. D’où la signification de l’expression passée dans le langage quotidien : « C’est l’Arlésienne ». En fait d’Arlésienne, la toute première est devenue en réalité une sorte de patronne, d’égérie de toutes les autres Arlésiennes : il s’agit de la Vénus d’Arles.

Sa beauté est telle qu’elle a inspiré nombre de créateurs et d’artistes. La statue antique a été retrouvée à proximité de la ville camarguaise en 1651. D’une plastique parfaite, elle est romaine et date du 1er siècle avant Jésus-Christ. Elle est supposée être la copie d’une œuvre antérieure, du sculpteur grec Praxitèle, et se trouve depuis plusieurs siècles au Louvre. Toujours est-il qu’elle serait la toute première source d’inspiration de la célèbre Arlésienne de Daudet. Cette dernière a fait des émules et son personnage se retrouve dans nombre d’œuvres.

L’une des plus importantes est l’opéra éponyme de Georges Bizet : L’Arlésienne, basée sur le texte de Daudet et donnée à Paris pour la première fois en 1872. Certains de ses thèmes musicaux sont très célèbres comme la « Marche des rois » ou les chants de Noël provençaux. Mais, en fait d’Arlésiennes, si vous voulez en voir de ravissantes, en chair et en os, il vous faut aller aux fêtes d’Arles car l’Arlésienne existe bel et bien !

C’est au moment de ces fêtes traditionnelles que les belles se parent de leurs plus beaux costumes. Indiennes, soies, perles, dentelles sont alors de sortie. Les coiffes avec leur célèbre ruban de velours retiennent les chignons et les croix camarguaises mettent en valeur les nuques fines. Si la beauté des femmes d’Arles est en réalité chantée depuis l’Antiquité, vous pourrez vérifier le fait au cours de la fête du costume qui a lieu chaque année le premier dimanche de juillet .

Cela vous permettra également de découvrir la ville et sa région. Des romantiques Alyscamps aux arènes, des marchés de Provence à l’incontournable musée d’archéologie , Arles vous réserve ses meilleures surprises. Quant à l’Arlésienne…

Vous ne pourrez plus dire que vous ne savez pas où la trouver !

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